Ariane réussit son 50e tir consécutif.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Ariane réussit son 50e tir consécutif.

Message par Dylan le Ven 3 Aoû - 5:58

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

C'est un grand succès pour l'industrie spatiale européenne qui réalise une démonstration de force au moment où les politiques européens s'interrogent sur l'avenir d'Ariane.

Historique. Dans la nuit du jeudi au vendredi 3 août, Ariane 5 a battu tous les records de fiabilité de l'industrie spatiale en réussissant son 50e tir d'affilée. Au cours de cette mission, la 4e réalisée depuis le début de l'année, le lanceur européen a également, avec 10,3 tonnes, battu le record du monde de capacité d'emport. Cette fusée inaugurait aussi son nouveau calculateur de bord. Il s'agit du cerveau informatique qui gère de façon autonome toutes les phases du vol, du décollage une fois le décompte achevé, à la mise à poste des satellites.

Ariane 5 dite ECA (capable de lancer deux satellites en même temps) a mis sur orbite géostationnaire (à 36 000 km de la Terre) deux satellites de télécoms - Intelsat 20 et Hylas 2 - pour le compte de l'opérateur américain Intelsat et du britannique Avanti Communications respectivement.

Cette démonstration de force du lanceur européen est la conséquence d'une organisation industrielle qui a gagné en efficacité, au fil des ans. Jusqu'en 2002, la maîtrise d'œuvre était partagée entre le CNES, l'agence spatiale française, et Arianespace qui intervenaient auprès d'une douzaine d'industriels. Cette répartition du travail générait beaucoup de pertes. Chaque lanceur était un prototype. Le 11 décembre 2002, lors du vol inaugural de la version ECA Ariane 5 explose. Déjà le 4 juin 1996, la première version d'Ariane 5 avait connu le même accident. L'Europe spatiale doute. C'est l'heure de tout remettre à plat.

Ariane accumule les succès commerciaux
Dès 2003, l'organisation industrielle est radicalement modifiée. Un seul maître d'œuvre est désigné: Astrium, la filiale spatiale d'EADS qui a la responsabilité du développement et de la production. «Nous avons bridé la créativité de nos ingénieurs pour introduire de la rigueur industrielle», résume Alain Charmeau, président d'Astrium Space transportation. Aujourd'hui plus questions de modifier sans cesse le lanceur, chaque Ariane 5 compte 99,9% de composants communs avec les autres Ariane 5. Et le lanceur obéit aux règles de la production en série.

Astrium livre entre 6 et 7 fusées par an (contre 3 par an précédemment) et organise la charge de travail entre les 60 plus importants industriels impliqués dans le programme installés dans 12 pays. «Au total, Ariane génère 1 milliard d'euros d'activité industrielle et 4000 emplois directs en Europe», souligne Alain Charmeau. Plus largement, le CNES estime qu'1 euro investi dans Ariane génère 20 euros dans les économies européennes.

Depuis dix ans, Astrium a investi pour améliorer de façon continue le processus industriel. Le risque de dérive existe compte tenu du fait qu'il faut 3,5 ans pour construire un lanceur. Le modèle industriel est stabilisé, la fiabilité est là, la disponibilité aussi et les délais sont respectés. Ariane accumule les succès commerciaux. Le carnet de commandes d'Arianespace, la société de commercialisation, pèse 4,7 milliards d'euros avec 30 satellites à lancer.

Ce 50e tir réussi consécutif d'Ariane 5 intervient à un moment clef pour l'avenir de la fusée européenne. Afin de faire la jonction entre l'actuel lanceur et une fusée de nouvelle génération porteuse de ruptures technologiques, appelée pour le moment Ariane 6, l'industrie spatiale européenne travaille sur une Ariane 5 dite ME (Mid-Life Evolution) aux capacités améliorées. «Elle sera capable d'emporter 2 tonnes de plus que l'actuel Ariane 5 et bénéficiera d'un nouveau moteur cryogénique développé par Safran», souligne Alain Charmeau.

Velléités de nouveaux entrants
Décidée en 2008 par les États européens, Ariane ME doit permettre à l'Europe de conserver son leadership spatial sur le marché commercial face à son rival russe Proton mais aussi face aux velléités de nouveaux entrants tels que le Falcon 9 de l'américain Space X ou encore de lanceurs indiens ou chinois. Destinée à remplir des missions pendant au moins quinze ans, Ariane 5 ME jouera le même rôle que l'Airbus A 320 Neo dans l'aéronautique civile. «Au sein d'Astrium, la position est clairement de sécuriser le champion d'aujourd'hui tout en préparant celui de demain. Ariane 5 bénéficiera d'amélioration significative tandis qu'en parallèle, nous travaillerons avec nos partenaires sur la prochaine génération», explique Alain Charmeau.

En novembre, le conseil des ministres européens de l'espace doit se pencher sur les prochaines étapes du projet qui a déjà bénéficié de 400 millions d'euros d'investissement. Il reste encore 1,5 milliard d'euros à financer pour qu'Ariane 5 ME soit prête pour son premier vol prévu en 2017. Selon les industriels, cet investissement sera rentabilisé rapidement compte tenu de l'amélioration des performances du lanceur.

Quant à la future Ariane 6, l'échéance est plus lointaine: aux alentours de 2030 et le budget plus conséquent, soit 5 milliards d'euros au bas mot. Le programme sera plein de défis et fera prendre des risques à l'industrie spatiale européenne car il faut trois à cinq ans de succès pour asseoir la crédibilité d'un nouveau lanceur. Pour les industriels unanimes, «il est exclu de s'engager sans phase exploratoire associant les principaux des 12 pays européens», résume le président d'Astrium Space Transportation.

Arianespace commande 5 Ariane version ES

Arianespace, la société de commercialisation du lanceur européen, a signé un avenant au contrat de 2009 passé auprès d'Astrium (livraison de 35 Ariane 5 pour 4 milliards d'euros). Jean-Yves Le Gall, président d'Arianespace, commande cinq Ariane 5 ES (Ergol Stockable). Cette version du lanceur est spécialement conçue pour prendre en charge les objets à placer sur des orbites spéciales. Sur ces cinq Ariane ES, deux sont destinés à réaliser les deux dernières missions de l'ATV, le cargo de l'espace qui ravitaille la station spatiale internationale, et trois pour placer en orbite 4 satellites Galileo, le futur GPS européen, à la fois en orbite. Le contrat est estimé à plusieurs dizaines de millions d'euros.

En 2013, Astrium devra engager de nouvelles discussions avec Arianespace sur la suite du contrat de 2009. Fin 2012, 11 des 35 fusées commandées auront été livrées. «Les trois dernières livraisons sont prévues au cours du premier semestre 2016», précise Alain Charmeaux, président d'Astrium Space transportation.

_________________
Salut, Invité !

Aide moi en cliquant sur ce lien, cela ne te coûte absolument rien et ça serais sympas pour moi [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] !

Dylan
Webmaster

Messages : 226
Réputation : 10
Date d'inscription : 26/04/2011
Age : 18
Localisation : Grenoble (38)

http://itech.jeun.fr / http://xentia-rp.tk/

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum